Les Elfes sylvains

Aujourd’hui un peu de rêve, d’imagination et de magie. Parlons des Elfes, en particulier les Elfes sylvains qui habitent nos forêts…

Elfe sylvain

Les légendes et les auteurs ont prêté leur imagination pour donner une âme et un stéréotype aux elfes. On les représente toujours beaux avec un certain pouvoir magique, ils vivent longtemps, seraient immortels, ils sont sveltes, sensibles, et possèdent une grande sagesse.

Ces descriptions sont fantaisistes ce qui fait qu’on a des résultats radicalement différents.
Les elfes sont des créatures magiques d’une extraordinaire grâce, habitant le monde sans en faire totalement partie. Ils vivent dans des lieux d’une beauté éthérée, au coeur d’anciennes forêts ou dans des tours scintillantes d’une lumière féerique, là où une douce musique flotte dans l’air et où de subtiles effluves embaument la brise. Les elfes aiment la nature et la magie, l’art et l’artisanat, la musique et la poésie, et les bonnes choses de ce monde…

Il y a plusieurs sortes d’elfes, des élémentaux, généralement invisibles aux yeux des humains, des élémentaux de l’air, de l’eau, du feu et de la terre.
Pourtant, un thème qui vient presqu’automatiquement quand on parle d’elfes c’est la forêt, la nature. Ces elfes qui vivent dans la forêt sont des protecteurs de la nature, et on les appelle parfois elfes sylvains, elfes de la forêt ou elfes verts, ce sont des élémentaux de l’air comme les sylphes mais aussi de la nature, un cinquième domaine, comme les petites fées vertes. Ils ont choisi de suivre la voie de la nature, et ne font preuve d’aucune pitié envers ceux qui osent envahir leur territoire ou pire ceux qui s’en prennent à leurs arbres séculaires.

Une grande erreur qui reste répandue est l’idée que les elfes sont fragiles, il n’en est rien, si vous profanez leurs territoires ou trahissez leurs secrets, les attaquez ou leur cherchez mauvaise querelle, ils peuvent être redoutables et vous feront mourir sans douleur car les elfes ne font pas souffrir délibérément.
On ne compte plus le nombre d’humains envoûtés par la beauté surnaturelle des elfes. Je cite une légende bien connue :

« Dans les pays elfiques, il est extrêmement dangereux pour les humains de s’y rendre.
En effet, les humains peuvent se laisser inviter et entrainer une nuit de pleine lune par les elfes dansant sous ses rayons, puis se retrouver dans leur monde et y passer un petit moment… Ce séjour est si merveilleux, si enchanteur, d’un charme et d’une beauté tellement éblouissante que les voyageurs répugnent à le quitter. Et si par hasard, par force ou de leur volonté propre, ils reviennent sur nos terres humaines, ces voyageurs regrettent tellement leur séjour qu’on les rencontre désormais irrémédiablement tristes et ne cessant de pleurer de nostalgie et de regret, presque morts de tristesse. De plus le temps ne se déroulant pas de la même manière que chez les humains, ayant l’impression d’avoir passé quelques jours dans les domaines elfiques, en fait, 7 ans ou plus s’étaient écoulés sur terre… Mieux vaut donc ne pas tenter  l’expérience d’un voyage si risqué… »

la danse des elfesLa Danse des Elfes, par August Malmstöm (1866)

Tout le monde se rappelle aussi le peuple des Elfes de la forêt dans la trilogie du « Seigneur des Anneaux » de Tolkien.
On retrouve cette idée d’elfes sylvestres avec le royaume de la Lothlorien dirigé par Celeborn et Galadrielle, ainsi que les elfes de la forêt noire dont Legolas est le prince, sans oublier Arwen fille d’Elrond le semi-Elfe.  Ces elfes sont des fins observateurs, ils ont des sens décuplés, et semblent lire les signes du destin et vivent en parfaite et totale autarcie, indépendant de tout commerce et autres royaumes. Leur forêt est magique, et tout y est mis en place pour éloigner les intrus.

Elfes Tolkien

 

 

 

Les bois sacrés

Autrefois, les arbres jouaient un grand rôle dans la vie des hommes. Protecteurs, pourvoyant à presque tous leurs besoins, ils étaient considérés comme les manifestations de la présence des dieux sur terre, au point qu’à chacun de ceux-ci on avait attribué une essence particulière.

La notion moderne des bois sacré est fondée sur le culte des arbres ou la divinisation de la nature.
La littérature antique mentionne à plusieurs reprises l’existence de bois sacrés chez les Celtes comme chez les Germains. De récents travaux archéologiques, dans le domaine celtique et dans le nord de la Gaule plus précisément, indiquent que ces bois sacrés sont en réalité de véritables lieux de culte fixes et structurés.

Il semble que les bois sacrés aient été très répandus dans toute l’Europe de l’Ouest pendant la préhistoire. Il s’agissait de bois naturels ou plantés où il était estimé que la divinité locale résidait; de bois temples, où un temple était entouré d’arbres plantés; et des bois entourant ou couvrant les lieux de sépulture. Un trait commun de ces zones était leur inviolabilité; seuls les prêtres ou les organisateurs d’une cérémonie pouvaient y pénétrer. Dans certaines traditions, l’abattage d’un arbre dans un bois sacré pouvait signifier la mort du coupable. Il existe encore aujourd’hui des traces des bois sacrés druidiques dans certaines zones de la France, du Royaume-Uni et de l’Irlande.

Presque chaque tribu de l’ancienne Gaule paraît avoir possédé un néméton ou lieu sacré de réunion entouré d’arbres et protégé par eux. Il s’agissait des centres du rituel religieux, et leur destruction était vue avec la même horreur qu’aurait provoqué la mise à feu d’un temple ou d’une église aujourd’hui.  De nombreuses agglomérations, en Europe, étaient construites auprès des sites d’anciens bois, ou en ont tiré leur nom. Une fois que le christianisme s’est propagé à travers le monde occidental, les néméton ont été détruits et des églises chrétiennes construites sur leurs cendres… Aujourd’hui encore, dans les pays celtiques, on peut observer des offrandes de rubans suspendus à des buissons autour des puits sacrés, une ancienne coutume où la nature était vénérée comme une divinité féminine ou un principe de «mère terre».

Au plan politique, le «bois sacré» d’un groupe pouvait représenter une menace pour un autre, et les conquérants détruisaient souvent ces lieux pour exercer leur pouvoir sur les populations locales. Comme le narre Lucanus, par exemple, au cours du premier siècle César fit abattre un des bois sacrés des Gaulois afin d’abolir ce que les Romains considéraient comme des pratiques païennes. Pendant le Moyen Age, l’église chrétienne détruisit les bois sacrés celtiques et druidiques dans toute l’Europe dans le même but; l’interdiction imposée par l’église d’adorer les arbres et d’accomplir tous les rites connexes était peut-être due au fait que les premiers gardiens des arbres non seulement possédaient des connaissances (en général, sous forme de calendriers de plantation, propriétés médicinales des plantes, y compris les arbres, et d’autres types de savoir) mais exerçaient leurs pratiques et dispensaient leurs enseignements clandestinement et auraient pu représenter une menace politique ; la destruction de leur «bibliothèque», pour ainsi dire, privait les magiciens de leur pouvoir.

(bibliographie : Jacques Brosse – Mythologie des arbres)

Les bois sacrésMythologie des arbres

 

 

Ainsi naquit le châtaignier

– Des pierres ! Des pierres ! Rien que des Pierres !
– Et pas d’eau pour nos jardins.

Ceux qui étaient venus habiter ces montagnes se plaignaient ainsi ; et ils n’avaient pas tort.
En ce temps là, les Cévennes n’étaient que des pentes de schiste noir qui dégringolaient vers les ruisseaux souvent à sec.
– Comment peut on vivre dans ce pays ?

« Qui voit Cévennes voit ses peines » ; c’était bien vrai à cette époque.

Ailleurs, ils ont la plaine pour leurs vignes ; la terre profonde pour leurs lentilles ; de l’herbe haute pour leurs vaches ; l’eau en abondance pour leurs jardins. Chez nous, des pierres, rien que des pierres ! Comment Dieu peut il permettre tant de misère ?
Il fallait aller le trouver afin qu’il apporte une solution. Lui, si généreux ailleurs.
Aller trouver Dieu dans son éternité ; qui pouvait accomplir ce prodige ? Seuls deux hommes pouvaient réaliser une telle démarche.
Frézal, saint dans sa paroisse du Ventalon.
Germain, en pays de Calberte où il avait fondé paroisse.
Une délégation alla les trouver et leur présenta la requête du petit peuple cévenol. Ils acceptèrent le voyage et les périls.

Les voici devant Dieu en personne.
– Je connais vos problèmes, leur dit Dieu. Je compatis à la misère dans ce pays de ma création. Mais que faut il faire ? Quel est le remède ?
– Vous êtes Dieu, rempli de bonnes idées ; vous en trouverez bien une pour vos fidèles qui vous honorent de leur mieux.
– Hum, hum ! Toussa Dieu. Qui m’honorent, dites vous.Quelquefois, en effet ; mais peu souvent, pas assez souvent. C’est saint Pierre qui me l’a dit ; et il tient ses comptes à jour.
– A se débattre avec la faim et les soucis, on en oublie la religion.
– Mon indulgence est grande et je ne vais pas punir ce peuple malheureux. Retournez dans vos montagnes et dites à vos frères que Dieu va faire quelque chose pour eux. Je ne sais pas quoi encore ; mais la nuit arrive, je m’en vais me coucher. La nuit porte conseil. Demain, j’aurai trouvé, sans doute.

Le lendemain matin, lorsque Frézal et Germain se levèrent, et avec eux les habitants des Cévennes, grand fut leur étonnement.
Les pentes cévenoles, habituellement noires du schiste, étaient verdoyantes, recouvertes d’arbres qui, la veille, n’étaient pas là.

Le don de Dieu : le châtaignier.

(Sous les grands châtaigniers – Contes, récits, lectures de R. Lagrave)

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Partout en Cévennes

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« Partout en Cévennes, on sent la lutte de l’homme,
son travail opiniâtre, courageux contre la nature.
Entre le roc et le roc, le schiste et le schiste, une toute
petite vigne s’accroche, deux ou trois brins de seigle
dressent leur maigre épi.
A côté, le puissant châtaignier, sobre et courageux
végétal, enserrant le cailloux même de ses racines, se fait
sans secours sa terre à la longue par le résidu de son
feuillage ».

Michelet